mercredi 17
septembre
2008
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2008
Transgression, humour, dramatisation... : quelle tonalité donner et quelle perspective à 10 ans pour la communication sur le développement durable ? C'est pour répondre à cette vaste question que la petite communauté française des "communicants responsables" s'est réunie au Château de l'Environnement de Buoux (Lubéron) où se tenait, à l'initiative d'ACIDD, la 6ème Université d'été de la Communication pour le développement durable les 11 et 12 septembre dernier.
INOXIA ne pouvait bien sûr pas manquer ce rendez-vous.
Pas simple de résumer la richesse des échanges durant ces deux jours. Alors voici plutôt quelques événements, idées et réflexions en vrac et non exhaustives (!!) qui m'ont personnellement marquées...
1) Business as usual
Pathétique. Pas d'autre mot pour qualifier les résultats de l'étude de "l'Observatoire du Marketing et de la communication responsables" présentée en ouverture de l'université portant sur la vision des patrons du CAC 40 du développement durable. Alors que les émissions de gaz à effet de serre ont progressé de 40% depuis 1990 (année de référence du protocole de Kyoto), que les atteintes à la biodiversité atteignent des seuils alarmants, que les "working poors" forment une véritable classe sociale en occident, qu'une très grande majorité de cadres des grands groupes manifestent une vraie défiance à l'égard de leur entreprise, etc. le discours des patrons interviewés n'a pas changé depuis 15 ans : "le développement durable ? Comme Monsieur Jourdain, on en a toujours fait sans le savoir" !
Bien sûr, on célèbre l'impératif écologique (maîtrise des risques), le bénéfice social (donner du sens aux salariés désabusés), l'intérêt économique (baisse des charges), le potentiel marketing (opportunités de marché) du développement durable... mais les pratiques ne changent pas ou peu en interne, l'écart entre le "dire et le faire" reste colossal. Le développement durable n'est toujours pas réellement compris et a fortiori pas considéré comme stratégique dans les entreprises. Navrant.
2) Pas encore gagnée la lutte contre l'éco-blanchiment
Sans trop noircir le tableau, on voit quand même assez mal dans les conditions actuelles comment stopper le greenwashing... Chez les publicitaires, entre les positions conciliantes des uns (le secteur finira par s'auto-discipliner, gardons le contact avec les agences sans scrupules) et les positions plus tranchées des autres (OK mais quand ? Renforçons le contre pouvoir des ONG, et pourquoi pas plus de contraintes règlementaires si elles sont bien pensées ?...), le sentiment prévaut qu'il faut laisser sa chance au nouveau dispositif de l'ARPP (ex-BVP). On verra bien en novembre 2010 si les nouvelles autorégulations publicitaires fonctionnent.
Reconnaissons que le fait qu'il faille dorénavant soumettre a priori à l'ARPP toute campagne présentant des arguments écologiques est une avancée significative. Attendons de voir également quelle riposte préparent les ONG les plus engagées à ce système qu'elles continuent à dénoncer. On est à une période charnière...
3) Tous schizophrènes !
Période charnière sans aucun doute. Entre un monde de surconsommation, de productions de déchets, de pollutions et d'épuisement des ressources et des espèces où les logiques économiques dominantes ont une facheuse tendance à instrumentaliser le discours écologique à leurs propres fins, sans se soucier du lendemain... et un monde qui reste à très largement à inventer, où la communication et l'information contribueraient à la diffusion des connaissances et des comportements "eco-socio-friendly" : solidaires, responsables, authentiques, participatifs. Si nous aspirons collectivement au second, la plupart de nos comportements individuels actuels entretiennent le premier. Schizophrenie quand tu nous tiens...
4) Des réseaux sociaux aux réseaux écolos ?
Alors comment accompagner les transformations souhaitables des comportements individuels ? Dans la panoplie des outils d'information, de communication, de sensibilisation et d'influence, il a été beaucoup question dans les débats des réseaux sociaux type Facebook, LinkedIn ou Myspace dont chacun pressent qu'ils ont un rôle éminent à jouer dans la diffusion des idées éco-responsables. Mais force est de constater que les acteurs du développement durable n'y sont que peu représentés et que l'égo-citoyenneté y prend très largement le pas sur l'éco-citoyenneté. Faut-il créer un réseau écolo-social, plus propice à la mise en relation des acteurs du DD... ou tordre les logiques marketing des réseaux sociaux actuels à des fins d'intérêt général ?
Bref, du bon jus de crane en perspective pour au moins encore 10 ans...
1) Business as usual
Pathétique. Pas d'autre mot pour qualifier les résultats de l'étude de "l'Observatoire du Marketing et de la communication responsables" présentée en ouverture de l'université portant sur la vision des patrons du CAC 40 du développement durable. Alors que les émissions de gaz à effet de serre ont progressé de 40% depuis 1990 (année de référence du protocole de Kyoto), que les atteintes à la biodiversité atteignent des seuils alarmants, que les "working poors" forment une véritable classe sociale en occident, qu'une très grande majorité de cadres des grands groupes manifestent une vraie défiance à l'égard de leur entreprise, etc. le discours des patrons interviewés n'a pas changé depuis 15 ans : "le développement durable ? Comme Monsieur Jourdain, on en a toujours fait sans le savoir" !
Bien sûr, on célèbre l'impératif écologique (maîtrise des risques), le bénéfice social (donner du sens aux salariés désabusés), l'intérêt économique (baisse des charges), le potentiel marketing (opportunités de marché) du développement durable... mais les pratiques ne changent pas ou peu en interne, l'écart entre le "dire et le faire" reste colossal. Le développement durable n'est toujours pas réellement compris et a fortiori pas considéré comme stratégique dans les entreprises. Navrant.
2) Pas encore gagnée la lutte contre l'éco-blanchiment
Sans trop noircir le tableau, on voit quand même assez mal dans les conditions actuelles comment stopper le greenwashing... Chez les publicitaires, entre les positions conciliantes des uns (le secteur finira par s'auto-discipliner, gardons le contact avec les agences sans scrupules) et les positions plus tranchées des autres (OK mais quand ? Renforçons le contre pouvoir des ONG, et pourquoi pas plus de contraintes règlementaires si elles sont bien pensées ?...), le sentiment prévaut qu'il faut laisser sa chance au nouveau dispositif de l'ARPP (ex-BVP). On verra bien en novembre 2010 si les nouvelles autorégulations publicitaires fonctionnent.
Reconnaissons que le fait qu'il faille dorénavant soumettre a priori à l'ARPP toute campagne présentant des arguments écologiques est une avancée significative. Attendons de voir également quelle riposte préparent les ONG les plus engagées à ce système qu'elles continuent à dénoncer. On est à une période charnière...
3) Tous schizophrènes !
Période charnière sans aucun doute. Entre un monde de surconsommation, de productions de déchets, de pollutions et d'épuisement des ressources et des espèces où les logiques économiques dominantes ont une facheuse tendance à instrumentaliser le discours écologique à leurs propres fins, sans se soucier du lendemain... et un monde qui reste à très largement à inventer, où la communication et l'information contribueraient à la diffusion des connaissances et des comportements "eco-socio-friendly" : solidaires, responsables, authentiques, participatifs. Si nous aspirons collectivement au second, la plupart de nos comportements individuels actuels entretiennent le premier. Schizophrenie quand tu nous tiens...
4) Des réseaux sociaux aux réseaux écolos ?
Alors comment accompagner les transformations souhaitables des comportements individuels ? Dans la panoplie des outils d'information, de communication, de sensibilisation et d'influence, il a été beaucoup question dans les débats des réseaux sociaux type Facebook, LinkedIn ou Myspace dont chacun pressent qu'ils ont un rôle éminent à jouer dans la diffusion des idées éco-responsables. Mais force est de constater que les acteurs du développement durable n'y sont que peu représentés et que l'égo-citoyenneté y prend très largement le pas sur l'éco-citoyenneté. Faut-il créer un réseau écolo-social, plus propice à la mise en relation des acteurs du DD... ou tordre les logiques marketing des réseaux sociaux actuels à des fins d'intérêt général ?
Bref, du bon jus de crane en perspective pour au moins encore 10 ans...















































# dla balle les ours !
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"'égo-citoyenneté"... j'adore !!!
Excellent compte-rendu, ma foi
bon, moi aussi j'ai un compte-rendu sur le feu... mais je suis à la bourre évidemment :-)
entre-temps j'ai aménagé un appart à Aix, visité le Marché de Rungis et organisé les 20 ans d'Eugène ! pas que ça à foutre, moi, Monsieur...
Pathétique, tu es gentil… honteux, égocentrique. C'est du parisiano-pseudoethicio-responsable.
As-tu vu le niveau d'éducation de certain qui se targue de grands principes ? ”Faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais”. Enfin, moi je propose de créer un nouveau concept DD reposant sur ces trois nouveaux piliers : Inoxia-Eugène-Icom.
En tout cas que de bonne rencontre à cette université d'été parce que, quand même il y avait des personnages de grandes valeurs et notamment un. Vous le reconnaitrez…
Pour finir : Ce qui n'est pas évalué et mesuré n'est vraisemblablement pas déployé et géré (William Edwards Deming 1950).
Je me disais aussi que j'avais un peu mal à la tête en te lisant... je comprends maintenant le "jus de crane"... pfffff!